Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Dossier : Collectivités territoriales (page 1 à 2)

France Bleu Provence, 1er mars 2018

Ce matin, j’étais l’invité de la rédaction de France Bleu Provence, à propos des enjeux de la région marseillaise :

https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-7h50/provence/michel-amiel-senateur-la-republique-en-marche-des-bouches-du-rhone

 

Entretien à La Provence, 28 février 2018

« Choisir, c’est renoncer »

Ce soir, lors de mon dernier conseil municipal en tant que maire des Pennes-Mirabeau, j’ai prononcé ce discours :

 

Chers amis,

André Gide disait : « Choisir, c’est renoncer ».

Pour respecter la loi sur le cumul des mandats, j’ai décidé, après plus de vingt ans d’exercice de mes mandats locaux, de me consacrer à mon mandat de sénateur qui, je ne vous le cache pas, me passionne par les sujets abordés, en particulier dans mes domaines de prédilection, dont la santé publique, la protection de l’enfance, mais aussi les lois concernant nos territoires.

Ainsi, je resterai membre du conseil municipal de la ville des Pennes-Mirabeau et, de ce fait, garderai un œil vigilant sur les affaires de la commune. A ce titre, je ne manquerai pas de donner mon avis lorsque je le jugerai nécessaire.

Je souhaite toutefois mettre les choses au clair : je ne me représenterai pas aux élections municipales de 2020.

Beaucoup me diront qu’un homme politique ne doit jamais dire qu’il ne se représentera pas. Cependant, dans mon cas, mon choix a été mûrement réfléchi.

En effet, je crois profondément en la nécessité d’un renouvellement en démocratie et, à titre personnel, je ne me suis jamais considéré comme un professionnel de la politique.

J’ai eu la chance de mener de front une carrière professionnelle et une carrière politique : en 2020, il sera pour moi temps de passer la main.

Sans fausse modestie, je suis fier de mes réussites ou, plutôt, de nos réussites car elles sont avant tout le fruit d’un travail collectif avec les équipes que j’ai pu diriger depuis toutes ces années.

Aussi, le plus beau compliment que l’on puisse me faire est de me dire que l’on affirme le désir de continuer à vivre aux Pennes-Mirabeau, ou de vouloir y revenir lorsqu’on s’en est éloigné pour tel ou tel aléa de vie.

Car il faut bien l’avouer, le plus difficile aux Pennes-Mirabeau, reste de se loger. Aussi, dans la mesure où 50% de la population est éligible au logement social, j’ai mis en place une politique de mixité urbaine pour faire en sorte que chacun, selon ses moyens, puisse trouver à se loger dignement.

Cela étant dit, je suis bien conscient que cette question du logement, du moins aux Pennes-Mirabeau, suscite une contradiction en chacun d’entre nous, tiraillés que nous sommes entre la volonté de vouloir continuer à vivre dans les villages qui constituent les Pennes-Mirabeau tout en voulant que nos enfants et petits-enfants puissent y vivre.

De ce fait, j’ai tout au long de mon mandat essayé de trouver un point d’équilibre.

Cela s’est traduit dans les faits par un contrat de mixité sociale, âprement négocié avec Monsieur le Préfet et ses services, contrat qui a pris en compte les particularités urbaines et sociologiques de la commune, en maintenant notamment nos « poumons verts ».

Ces poumons verts, je ne peux les évoquer sans émotion, tant l’incendie du 10 août 2016 fut un terrible traumatisme pour la commune. Suite à ce drame, nous avons travaillé tous ensemble, dans l’urgence tout d’abord, puis dans la reconstruction pour faire en sorte de continuer à vivre normalement.

Mais ne nous leurrons pas, il faudra des années pour que les cicatrices s’estompent, qu’elles soient aussi bien matérielles qu’immatérielles.

Le dernier point que je voudrais aborder concerne les changements profonds qui affectent la vie politique de notre pays.

Dans un contexte où le débat idéologique tend à disparaître, où les leaders politiques suivent les peuples plutôt que de les guider, ouvrant tous les possibles à la démagogie et au populisme, dans ces temps troublés où l’économie prend le pas sur le politique et où la révolution numérique privilégie la réponse immédiate plutôt que la réflexion, sans doute assistons-nous à l’émergence d’un monde nouveau qui, peut-être un peu trop rapidement, pratique le « dégagisme » en politique.

Au moins aurais-je eu le mérite de jouer un rôle de relais entre ces deux mondes, celui d’hier et un monde nouveau, avant  de partir moi-même. Ce constat, je le dresse sans regrets ni amertume.

Ma chère Monique, le moment est venu pour moi de te transmettre le pouvoir.

Tu sais bien à quel point il relève plus du devoir que des droits et combien, parfois, on est seul quand il faut prendre certaines décisions. Je ne te ferai pas l’injure de vanter tes qualités tant elles sont connues de tous, peut-être faudra-t-il juste te départir de ta courtoisie et de ta délicatesse bien connues quand tu seras attaquée injustement car tu le seras,  comme je l’ai été.

Je connais ton intelligence, je connais ton sens des responsabilités, je connais ta pondération.

Je sais que nous continuerons tous à œuvrer pour le bien-être de la population des Pennes-Mirabeau.

Je te souhaite du courage, de la détermination, et tu pourras toujours me trouver à tes côtés si besoin.

Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots : j’ai été un maire heureux, heureux de servir ma ville pendant plus de vingt ans, mon département les Bouches-du-Rhône et enfin mon pays, la France.

Une fois encore, je voudrais vous dire merci.

Merci à tous mes élus qui m’ont aidé à construire et à réaliser nos programmes.

Merci aux fonctionnaires de l’État, de la région, du département, bien sûr les fonctionnaires communaux, mais aussi les opérateurs privés avec qui nous façonnons au mieux notre territoire

Et merci surtout à vous, Pennois, qui m’avez toujours donné votre confiance.

Pétrarque, grand poète italien, provençal d’adoption disait : « J’aimerais jouir de ma vieillesse et mourir au port après avoir vécu parmi les tempêtes. »

Métropole : un dialogue impossible

Ce mardi, nous devions examiner en deuxième lecture la loi relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain.

Plusieurs articles de ce projet de loi portaient ateinte à l’organisation actuelle de notre métropole.
J’avais dans ce cadre déposé plusieurs amendements pour défendre les intérêts de cette collectivité qui n’a qu’un an.

Deux concernaient le report, comme le Gouvernement s’y était engagé, de l’élection au suffrage universel direct des conseillers métropolitains. Ce mode de scrutin serait un nouveau coup dur porté aux communes, car il couperait la métropole des réalités du terrain, que les maires connaissent mieux que personne.

De plus, le Gouvernement devait, avant le 1er janvier 2017, présenter son rapport détaillant les solutions envisageables, les avantages, les inconvénients et les conséquences de l’élection au suffrage universel direct des conseillers métropolitains, prévu par la loi MAPTAM du 27 janvier 2014. Ce rapport n’ayant pas été présenté, les parlementaires ne disposent pas d’éléments éclairants pour comparer les différentes options, ce qui revient à valider, sans véritable étude, la suppression de l’élection des conseillers métropolitains au suffrage universel direct.

Un autre amendement concernait la discussion d’une fusion entre le conseil départemental des Bouches-du-Rhône et la métropole Aix-Marseille-Provence ; il apparaît très inopportun de précipiter une telle réflexion, alors qu’à peine plus d’un an après la mise en oeuvre de la métropole, nous n’avons pas le recul suffisant pour apprécier les conséquences directes sur la gestion quotidienne des communes membres.

Ces amendements n’ont pu être discutés, car M. Darnaud (sénateur LR d’Auvergne Rhône-Alpes), au nom de la commission des lois, a déposé une motion tendant à opposer la question préalable qui a coupé court à toute discussion. Je comprends les raisons de la colère derrière cette procédure : engagement d’une procédure accélérée de la part du Gouvernement sur cette loi, manque de prise en compte des modifications apportées par le Sénat de la part de l’Assemblée, alors que, sur un tel sujet, le Sénat, représentant des collectivités, devrait être entendu…
Toutefois, j’ai voté contre cette motion, car le dialogue est toujours la meilleure solution et voir le Sénat refuser d’examiner un texte sur les collectivités territoriales m’apparaît bien regrettable.

Je constate que la droite a voté pour l’arrêt des discussions au sein du Sénat et remarque que le FN n’a pas jugé utile de participer au vote.

Question écrite : Fonds de péréquation

Question écrite n°24708, publiée dans le Journal Officiel Sénat du 19 janvier 2017

M. Michel Amiel attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur au sujet du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales. Comme l’indique l’association des maires de France (AMF), la France au 1er janvier est passé de 2 062 à 1 263 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Ces modifications de l’organisation de nos territoires constituent un bouleversement majeur pour nos communes. Suite à cette transformation institutionnelle, et les différents transferts de compétences qui l’accompagnent, de nombreux élus ont exprimés leurs difficultés financières et d’organisation et leurs interrogations dans les modalités de mise en place de tels changements. Une de ces inquiétudes concerne la répartition des contributions et des attributions du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) surtout en l’absence de simulations et de visibilité budgétaire, qui pèse sur l’élaboration des budgets locaux. Alors qu’aucune étude n’a été réalisée en 2016 sur ces ajustements potentiels, il souhaite donc connaître la position du Gouvernement sur la mise en place d’un gel de contributions et attributions individuelles du FPIC afin de prendre le temps d’engager des discussions et de mettre en œuvre des études d’impact.

 

 

Question au Gouvernement sur la fermeture des commissariats (2)

Lors de la séance de questions au Gouvernement, j’ai interrogé le ministre de l’Intérieur, sur la gestion des effectifs de police et des horaires d’ouverture des commissariats dans les Bouches-du-Rhône (à 17:02).

Entretien au journal La Provence

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Question au Gouvernement sur les logements sociaux

Le 31 mai 2016, j’ai interrogé la ministre du logement et de l’habitat durable sur l’accession sociale à la propriété.

Question au Gouvernement sur les logements sociaux

Vous pouvez regarder la vidéo de la question ou en lire le texte, extrait du compte rendu intégral des débats :

M. le président. La parole est à M. Michel Amiel, pour le groupe du RDSE.

M. Michel Amiel. Ma question s’adresse à Mme la ministre du logement et de l’habitat durable. Elle concerne le mode de décompte des logements sociaux au titre de l’article 55 de la loi SRU, au moment où des villes –  notamment celle dont je suis le maire – signent des contrats de mixité sociale.

À ce jour, ne sont considérés comme des logements locatifs sociaux entrant dans le décompte des 25 % que les logements HLM proprement dits, les autres logements faisant l’objet d’un conventionnement APL et les logements ou les lits dans des foyers-logements.

La plupart des logements sociaux pris en compte pour juger de la conformité des communes avec une politique de mixité en matière de logement sont des logements locatifs.

Pourtant, la volonté de l’État et des communes soucieuses de leurs administrés est de développer l’accession à la propriété des ménages les plus modestes. Ainsi, par exemple, les organismes sociaux ont la possibilité de vendre leurs biens, ce qui favorise la mixité sociale.

Les logements HLM vendus à leurs occupants ayant bénéficié du prêt social de location-accession, qui s’adresse à des ménages disposant de ressources modestes, sont décomptés dans les 25 %, mais seulement pour une période de cinq ans. Il en découle que les logements vendus ne relèvent plus, au terme de la période de cinq ans, du champ du logement social.

Madame la ministre, pensez-vous prendre des mesures afin de ne pas opposer la politique du logement d’accès social à la propriété à celle de la mixité sociale dans le cadre locatif ? (Applaudissements sur les travées du RDSE et de l’UDI-UC.) 

M. le président. La parole est à Mme la ministre du logement.

Mme Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l’habitat durable. Monsieur Amiel, vous m’interrogez sur la possibilité que des logements du parc social vendus à leurs occupants figurent au titre du décompte de la loi SRU. C’est un débat qui n’est pas nouveau. Je pense que vous connaissez d’ores et déjà ma réponse : une telle proposition n’est pas envisageable. En effet, les logements ouverts à la propriété ne peuvent entrer dans le décompte des logements locatifs.

Je tiens à apporter néanmoins quelques précisions, y compris sur vos efforts en tant que maire. Votre commune comptait 3% de logements sociaux en 2002. Elle en compte aujourd’hui 6,58%. Surtout – j’espère que l’ensemble des maires présents dans cette enceinte seront attentifs à ce point –, elle a signé un contrat de mixité sociale avec le préfet pour engager la construction de 700 logements, dont la moitié seront des logements locatifs sociaux.

Répondre aux besoins des demandeurs de logements sociaux – ils sont plus de 2 millions – est aujourd’hui un impératif national. Il est important de disposer de logements sociaux sur l’ensemble du territoire. Dans votre commune, dans la métropole d’Aix-Marseille-Provence, mais aussi dans l’ensemble des communes urbaines et rurales, il est essentiel de pouvoir satisfaire les besoins en termes de logements de l’ensemble des ménages.

C’est notamment pour cette raison que le projet de loi égalite et citoyenneté, dont nous discuterons prochainement, prévoit de renforcer les pouvoirs de l’État en matière d’application de la loi SRU. Nous poursuivrons l’incitation en travaillant avec les maires de communes comme la vôtre pour construire plus et mieux.

C’est aussi pour cette raison que nous avons assuré le financement du logement social avec la création du Fonds national des aides à la pierre. Ainsi, nous poursuivrons l’objectif de répondre au besoin de logement sur l’ensemble du territoire. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain.) 

M. le président. La parole est à M. Michel Amiel, pour la réplique.

M. Michel Amiel. Je vous remercie de vos encouragements pour ma commune, madame la ministre, mais j’avoue être quelque peu déçu de votre réponse.

L’accession sociale à la propriété fait intégralement partie, ou devrait faire intégralement partie, des contrats de mixité sociale, comme son nom l’indique, et ce n’est pas moi qui ai inventé l’expression ! (Applaudissements sur les travées du RDSE, de l’UDI-UC et du groupe Les Républicains.)

Proposition de loi modifiant la loi n°2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République pour permettre de rallonger d’un an le délai d’entrée en vigueur des nouvelles intercommunalités

J’ai cosigné cette proposition de loi qui a « pour objectif d’adapter aux réalités des territoires les enjeux de la nouvelle carte intercommunale, en laissant un temps suffisant de planification aux élus pour la mise en œuvre des nouvelles intercommunalités ».

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