Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Catégorie : Commissions d’enquête et missions d’information (page 1 à 2)

Soins psychiatriques des mineurs, « tiers-monde de la République » – La Provence, 5 septembre 2017

170905 Provence PédopsyLa Provence de ce jour consacre un encart à la psychiatrie des mineurs, pour lequel j’ai été interrogé en tant que rapporteur de la mission sénatoriale consacrée à ce thème.

Article du Monde, cahier science & médecine, 31 mai 2017

Article Monde 170531

Présidentielle 360 du 5 avril 2017

En tant que rapporteur de la Mission d’information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France,  je suis intervenu sur Public Sénat pour regretter le manque de pédopsychiatres et proposer des solutions :

https://twitter.com/publicsenat/status/849657212297330689

« De la pédopsychiatrie au bien-être et à la bonne santé mentale des jeunes »

Conférence de Presse au Sénat

Conférence de Presse au Sénat, le 5 avril 2017

C’est avec une grande satisfaction que j’ai présenté ce matin, en conférence de presse, le fruit du travail de la Mission d’information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France, dont je suis rapporteur.

Partant du constat d’une pédopsychiatrie notoirement insuffisante, la mission a, depuis janvier, procédé à 26 auditions et deux déplacements, afin d’enrichir sa réflexion.

Dans un  rapport intitulé « De la pédopsychiatrie au bien-être et à la bonne santé mentale des jeunes », elle avance 52 préconisations réalistes, articulées autour de trois objectifs :

– mobiliser l’ensemble des acteurs pour assurer une prévention et un repérage précoces ;

– permettre la continuité des soins dans la prise en charge ;

– renforcer le pilotage et la reconnaissance de la psychiatrie des mineurs et des disciplines associées.

Avant que le rapport ne soit mis en ligne dans son intégralité, je vous invite à lire son document de synthèse et je souhaite vivement que notre travail puisse constituer une contribution pour les futures autorités de santé publique.

Auditions de la mission d’information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France

Ce mardi, dans le cadre de la mission d’information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France, nous avons auditionné Marie-Rose MORO, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, directrice de la Maison des Adolescents de Cochin – Maison de Solenn à Paris et Jean-Louis BRISON, inspecteur d’académie, tous deux auteurs du « Plan d’action en faveur du bien-être et de la santé des jeunes » remis au Président de la République en novembre 2016.

Vous pouvez suivre cette audition via ce lien.

Présentation de la mission d’information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France

Alors que s’ouvrent les travaux, dans cette vidéo, Alain MILON, président de la mission, et moi-même, qui en suis rapporteur, nous livrons à un entretien croisé sur la situation de la pédopsychiatrie.

Constitution de la mission d’information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France

La mission a tenu sa réunion constitutive ce jour et a désigné son Bureau, dans lequel j’occupe la fonction de rapporteur.
Cette mission fait suite à la proposition de résolution que j’ai cosignée avec Jacques MÉZARD et déposée le 9 novembre 2016.

Conclusions de la mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France : Public Sénat, « Sénat 360 »

Suite à la discussion dans l’hémicycle, j’ai participé, ce 19 octobre 2016, à un débat sur Public Sénat sur le thème « Quelle place et quel financement pour l’Islam de France ? »

Le débat commence à la 36e minute de l’émission.

Conclusions de la mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France

Je suis intervenu dans l’hémicycle sur les conclusions de cette mission d’information à laquelle j’ai participé tout au long de l’année 2016.

Vous pouvez lire ci-dessous le discours que j’ai prononcé lors de la discussion générale ou en regarder la vidéo.

Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, loin de tout angélisme, loin de toute stigmatisation, la question préalable est de savoir si l’islam est compatible avec la laïcité affichée par la République française, bref, s’il accepte la séparation du spirituel et du pouvoir temporel.
Rappelons, au passage, que la séparation entre les deux est déjà annoncée par le célèbre « rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », et qu’elle prélude à ce que Marcel Gauchet appelle « le désenchantement du monde ». Or voilà que, loin de le réenchanter, une dérive mortifère de l’islam que j’appellerai « islamisme radical », phénomène qui recouvre en fait plusieurs réalités, nous propose un projet de chaos, de mort non seulement physique, mais aussi spirituelle.
L’affrontement entre un islam que je qualifierai volontiers d’islam des Lumières et une lecture radicale du Coran existe pour ainsi dire depuis le commencement de l’extension de l’islam : ainsi Averroès, au début du XIIesiècle, se risque dans la philosophie et sera accusé d’hérésie.
À l’opposé, une lecture idéologique conservatrice du Coran prétend retrouver l’islam « pur » des origines : c’est le wahhabisme, du nom de son fondateur, dont l’alliance avec la dynastie saoudienne, au XVIIIe siècle, est à l’origine de ce mouvement théologico-politique.
Nous sommes donc au cœur du sujet. Je partirai d’un postulat : dans notre République laïque, l’islam comme toute autre religion d’ailleurs, ne saurait se prévaloir d’une fonction politique.
Pour autant, un État, fût-il laïc, a-t-il vocation à contrôler la pratique d’une quelconque religion ? C’est ce que j’ai appelé une forme de gallicanisme.
Bien sûr, il y a la piste concordataire, que l’on ne saurait remettre en question en Alsace-Moselle, dérogation à la laïcité que l’on ne saurait pas davantage étendre à l’ensemble du territoire français.
Plusieurs points essentiels sont à retenir dans les travaux de la mission, à laquelle j’ai participé avec grand intérêt.
D’abord, il existe une difficulté véritable à engager un dialogue institutionnel unifié avec une religion qui ne possède ni clergé hiérarchisé ni organisation centralisée. La précédente majorité présidentielle avait souhaité la constitution d’un Conseil français du culte musulman, mais il n’est pas reconnu par tous les musulmans comme représentatif.
S’agissant de la formation des imams, le CFCM travaille à l’élaboration d’une charte. Un tel document me conviendrait très bien et pourrait contenir l’engagement d’un respect absolu des lois de la République.
À mon tour d’évoquer la loi de 1905, qui contient un élément essentiel en son article 35, lequel punit d’une peine d’emprisonnement tout discours prononcé, affiché ou distribué publiquement dans un lieu de culte qui contiendrait « une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique ».
Rappelons enfin que, si la loi de 1905 affirme la neutralité de la République, celle-ci ne doit pas être confondue avec la neutralité des citoyens. Il est essentiel sur ce sujet de chercher la meilleure conciliation entre ordre public, liberté de culte et liberté d’association.
De plus, la notion de formation est elle-même ambiguë : vise-t-on la formation théologique ou la formation républicaine ?
Lors des auditions des autorités religieuses, les rapporteurs ont pu avoir la confirmation que rien n’interdisait le prêche en français. En effet, si la langue sacrée de la religion est bien l’arabe, la langue des musulmans français est le français.
Toutefois, la question se pose quand les imams sont détachés, voire fonctionnaires d’États extérieurs. Ils devraient alors, me semble-t-il, s’adapter au contexte socioculturel français, y compris à la langue.
Concernant l’origine du financement du culte, il faut s’efforcer à un maximum de transparence, que les fonds proviennent des fidèles en France ou qu’ils soient d’origine étrangère, ce qui ne paraît finalement concevable au vu de ce qui se pratique dans les autres religions. Dans les deux cas, la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, créée en 2005 sous l’impulsion de Dominique de Villepin, me paraît la meilleure option.
Quant au halal, plus qu’une pratique religieuse qui se voudrait conforme à la loi coranique, il est devenu, hélas ! un véritable marqueur identitaire, au même titre que le port du voile ou de la burqa.
Même si ce concept est extrêmement débattu, il me paraît intéressant comme source potentielle de financement. Une redevance sur l’abattage serait plus appropriée et présenterait le mérite de la clarté, tout en représentant une recette non négligeable.
Mes chers collègues, je remercie tous ceux qui ont permis cette mission. Je salue particulièrement sa présidente Corinne Féret, son rapporteur, Nathalie Goulet, et son corapporteur, André Reichardt.
Comme l’écrivait Spinoza, « je me suis soigneusement abstenu de tourner en dérision les actions humaines, de les prendre en pitié ou en haine ; je n’ai voulu que les comprendre ».
Je terminerai sur une touche d’espoir en citant le docteur Khalid bin Mohammed Al Ankary, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, qui affirmait lors d’une audition : « Le musulman doit respecter le droit et les lois du pays dans lequel il vit. Toute personne qui manque à ce principe ne peut prétendre respecter l’islam car il s’agit alors d’une interprétation erronée de la religion. On ne peut rendre l’islam responsable de tels actes. La France est l’un des pays qui respecte le mieux les libertés des musulmans et nous ne devons pas faire l’amalgame entre les libertés personnelles et le devoir que chaque musulman de respecter la société dans laquelle il vit. » Encore faut-il mettre en conformité ses paroles et ses actes ! (Applaudissements sur les travées du RDSE, du groupe socialiste et républicain, de l’UDI-UC et du groupe Les Républicains.)

Islam : une Mission pour sortir des clichés

Les sénateurs se sont emparés de ces questions par le biais d’une Mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France et de ses lieux de culte.
Cette mission, à laquelle j’ai participé, a travaillé pendant six mois, procédant à de très nombreuses auditions et effectuant des déplacements en France et à l’étranger (Londres, Rabat, Alger).
Aujourd’hui, elle a présenté son rapport au cours d’une conférence de presse, rapport qui, une fois n’est pas coutume, a été adopté à l’unanimité. Consensuel, il appelle au strict respect des principes fixés par la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l’État.
La Mission a proposé dans ses conclusions de nombreuses pistes concernant la formation des imams et des aumôniers, le financement du culte musulman, la filière hallal, la représentativité du culte musulman auprès des pouvoirs publics et l’enseignement privé musulman.
Vous pouvez en lire le contenu sur ce document.

Soyons bien clairs, l’Islam en soi ne pose pas plus de problèmes que les autres religions présentes en France, mais c’est quand même en son nom que des actes atroces sont perpétrés sur notre territoire et à travers le monde. C’est hélas au nom d’un Islam dévoyé que des terroristes tuent.
Il est donc essentiel de bien observer et différencier les organisations culturelles et cultuelles islamiques sur notre sol, afin d’éviter que certains n’instrumentalisent les premières pour propager, au nom des secondes, des messages de haine aux antipodes des valeurs de notre République.
À chaque étape de notre réflexion, nous avons pris soin de tordre le cou aux idées reçues qui entravent le débat serein qui doit avoir lieu à chaque niveau, de l’association de quartier au sommet de l’État.
Si je sais essentiels la liberté pour chacun de croire ou non, de pratiquer ou non, et le retrait nécessaire que doit avoir l’autorité publique en la matière, j’ai toutefois, en tant que maire, créé des carrés confessionnels (l’un israélite, l’autre musulman) dans le cimetière de ma commune, afin de répondre aux demandes qui m’étaient faites par les familles. Il s’agit, comme le disent les Canadiens, d’accommodements raisonnables, conciliant les principes de neutralité et de liberté de conscience.
Néanmoins, je ne suis pas favorable au hallal, ni au casher, dans les cantines scolaires, qui, je le rappelle, ne sont pas des services publics et dont la contrainte principale doit être le strict respect de l’hygiène alimentaire et de l’équilibre nutritionnel ; pour autant, des menus de substitution sont proposés chaque fois que cela est nécessaire.

Puissent cette Mission, son rapport et ses conclusions apaiser les esprits et inciter à un débat constructif sur la place du fait religieux en France.

Pages suivantes

© 2017 Michel AMIEL

Theme by Anders NorenUp ↑