Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Auteur: MAmiel (page 1 à 22)

Glyphosate : ce débat qui nous empoisonne

Le glyphosate déchaîne peurs et passions, mais s’avère aussi un poison politique comme le titre le journal allemand Die Tageszeitung. En effet, le ministre allemand de l’agriculture, le conservateur Christian Schmidt, a voté en faveur d’une prolongation de cinq ans de l’autorisation de l’herbicide de Monsanto en Europe, opérant une volte-face par rapport au positionnement antérieur de l’Allemagne qui s’était abstenue jusqu’alors, et cela contre l’avis de la ministre social-démocrate de l’environnement Barbara Hendricks. Ce vote affaiblit encore un peu plus la chancelière Angela Merkel au sein de la grande coalition qu’elle appelait de ses vœux CDU-CSU et SPD.

Rappelons toutefois que derrière le débat politique se livre aussi une bataille d’experts, entre autres entre le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer, émanation de l’OMS)  et l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) la première ayant classé le glyphosate comme substance « probablement cancérogène », la deuxième contredisant les conclusions de la première. On s’étonnera toutefois de la méthode choisie par l’agence européenne, recopiant purement et simplement de très larges passages du dossier déposé par Monsanto pour solliciter le renouvellement de l’autorisation de son produit et déclarant de surcroît la normalité de ce procédé. Dans ces conditions, il me paraît intéressant que la France propose une réforme du cadre européen d’évaluation des substances chimiques.

Au delà de la polémique politico-scientifique, nous assistons à deux conceptions de l’agriculture qui s’opposent, l’une productiviste, l’autre essayant de réfléchir à d’autres options que l’agriculture intensive pour nourrir la planète.

La position du gouvernement français me paraît raisonnable : il s’est engagé à une sortie progressive des pesticides. Il faut bien évidemment mettre à profit ces trois années pour trouver des solutions alternatives crédibles, afin que le delta des deux années entre la position française et la position européenne n’entraîne pas une distorsion de concurrence.

Je ne peux m’empêcher de rappeler également que le CETA, traité de libre échange signé avec le Canada, permettra d’importer des produits agricoles… traités au glyphosate, autorisé là-bas même si cette substance ne semble pas passer dans les denrées alimentaires. Preuve, s’il en était besoin, que la mondialisation ne va pas sans difficulté…

Un plan ambitieux pour les pompiers volontaires

En ce jour de la sainte Barbe, je tenais à saluer le lancement de la mission volontariat pour les sapeurs-pompiers.

J’ai toujours défendu les pompiers volontaires, là où d’aucuns souhaiteraient leur professionnalisation. J’estime en effet qu’il s’agit d’une démarche citoyenne essentielle, puisque notre modèle de sécurité civile repose sur ce savant alliage entre sapeurs-pompiers professionnels (41.000, 17%), militaires (12.000, 5%) et volontaires (194.000, 78%). Leur rôle est prépondérant, à la fois pour secourir nos concitoyens et protéger notre pays, dans le cadre de crises majeures (catastrophes naturelles ou industrielles, actes terroristes) comme d’accidents du quotidien (incendies, malaises…). Les pompiers sont extrêmement sollicités, comme l’illustrent ces chiffres de 2015 : 20.247.000 appels et 4.453.000 interventions.

C’est pourquoi il importe de refonder le plan volontariat à destination des sapeurs-pompiers. Dans un contexte de demande croissante, il est urgent de mettre en place des solutions concrètes qui permettent de garantir un socle minimum de 200.000 volontaires. Plusieurs défis sont à relever, afin de développer les compétences, diversifier le recrutement (auprès des femmes et dans les quartiers populaires), de fidéliser les volontaires et de revaloriser l’engagement. Il en va de la pérennité de notre modèle de sécurité civile et de notre modèle de citoyenneté.

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (23) – Commission mixte paritaire

Lors de cette CMP, j’ai regretté le désaccord sur l’article 7 : l’augmentation de la TVA n’est pas équitable et je continue de penser que les papy boomers ont bénéficié des 30 Glorieuses et qu’il n’est donc pas inique, dans un contexte de suppression de la taxe d’habitation, de leur appliquer la CSG, peut-être en augmentant le plancher de 1400 euros.

Projet de loi de finances pour 2018 – Mission « Direction de l’action du Gouvernement – Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) »

Lors de l’examen du rapport pour avis, j’ai approuvé la poursuite de l’expérimentation de l’adossement des salles de consommation à moindre risque aux hôpitaux. Il me semble de surcroît que la contraventionnalisation constitue la moins mauvaise des solutions.

J’ai également attiré l’attention sur l’addiction aux jeux.

Projet de loi de finances pour 2018 – Mission « Santé »

Lors de l’examen du rapport pour avis, j’ai salué le regroupement d’agences (programme 204) et la volonté de rendre les choses plus cohérentes et sincères concernant l’aide médicale d’État (programme 183).

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (22) – Explication de vote

Cet après-midi, je suis intervenu dans l’hémicycle lors des explications de vote sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018.

Vous pouvez lire ci-dessous le discours que j’ai prononcé ou en regarder la vidéo.

M. Michel Amiel. Monsieur le président, madame la ministre, monsieur le président de la commission des affaires sociales, mesdames, messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, la montagne du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 n’aura pas accouché d’une souris ! (Exclamations amusées sur les travées du groupe Les Républicains et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)

M. Philippe Dallier. Ce n’est déjà pas mal !

M. Michel Amiel. Vous êtes heureux de l’apprendre ; je vous l’annonce !

Derrière un projet de loi qui, comme son nom l’indique, se doit d’aborder en premier lieu le financement des comptes sociaux transparaît l’adoption de mesures concrètes et nécessaires pour l’avenir de notre pays et de son système social.

Nos débats furent riches, denses et parfois houleux. Néanmoins, en dépit de désaccords, certes importants, sur des sujets que j’évoquerai tout à l’heure, un consensus a pu se dégager au moins sur deux points.

Nous sommes tous d’accord pour maintenir un système de protection sociale juste et solidaire, tout en le faisant évoluer face à la modernité, qu’il s’agisse du virage numérique ou d’une démographie médicale en berne. Nous voulons tous également revenir à l’équilibre en 2019 et attaquer la dette, d’ici à 2024, dans le cadre d’un budget sincère et réaliste.

J’aborderai rapidement, dans le temps qui m’est imparti, les grands points qui ont été abordés au cours de notre débat ; près de 600 amendements avaient tout de même été déposés sur ce texte !

En matière de financement, comme je l’ai dit, tout le monde est d’accord pour un retour à l’équilibre. Si le taux proposé pour l’objectif national des dépenses de l’assurance maladie, ou ONDAM, a fait consensus, en revanche, deux grandes logiques s’affrontent en matière de recettes.

On trouve, d’un côté, les partisans d’une hausse de la TVA, sorte de dévaluation fiscale. Certes, cela n’est pas sans intérêt sur le plan des échanges commerciaux. Néanmoins, à mes yeux, cette mesure serait injuste, car elle s’appliquerait à tous de manière identique, quel que soit le niveau de revenus.

M. André Gattolin. Très bien !

M. Michel Amiel. De l’autre côté, nous sommes les tenants d’une hausse de la CSG. Cela nous paraît plus juste ; en particulier, cette mesure garantit une solidarité intergénérationnelle, raison pour laquelle nous n’avons pas souhaité exonérer les retraites au-delà d’un certain seuil.

Cette augmentation de la CSG me paraît donc la solution la moins injuste. Je regrette, mes chers collègues, la caricature qui a parfois été faite de cette hausse. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

Alors que notre système de protection sociale est basé sur la solidarité intergénérationnelle, l’article 7 de ce texte avait selon moi trouvé un équilibre. Cet article se fonde sur l’idée que le travail doit payer et qu’il faut se battre contre le terme même de « travailleur pauvre ». On entend ainsi alléger les prélèvements sur revenus des actifs, via les suppressions des cotisations sociales et la hausse de la CSG.

Il n’y a pas de tabou, en tout cas pour moi, à exprimer le devoir de solidarité des jeunes générations envers leurs aînés ; il ne devrait pas y en avoir quant à la solidarité de la génération des « papy-boomers », à laquelle j’appartiens, envers les jeunes ; voilà la justice sociale intergénérationnelle !

Je citerai à ce propos Gilles Carrez, qui n’est pas franchement un gauchiste.

M. Roger Karoutchi. Enfin de bonnes références ! Ce n’est pas tous les jours !

M. Michel Amiel. Selon lui, sont responsables de ce problème non seulement les gouvernants depuis 1981 – excusez-moi du peu –, mais aussi toute une génération qui a voulu vivre au-dessus de ses moyens.

M. Marc-Philippe Daubresse. Il a aussi dit autre chose…

M. Michel Amiel. Rassurez-vous, monsieur Daubresse : j’ai tout lu !

Venons-en maintenant à la branche maladie. Les mesures concernant l’innovation ont fait consensus.

L’innovation en matière organisationnelle – téléconsultation et téléexpertise – entre dans le droit commun grâce à l’article 36. On innove aussi en matière de rémunération, en sortant du « tout paiement à l’acte » au profit de rémunérations forfaitisées ou de l’intéressement collectif au niveau des établissements. Tout cela reste guidé par la recherche d’une meilleure pertinence des actes.

Priorité sera donnée à la prévention : la maladie de bon pronostic est celle que l’on n’aura pas. L’obligation vaccinale est élargie, ce qu’il faudra assortir, madame la ministre, d’une vraie campagne d’information, y compris auprès de praticiens parfois réticents. La prévention du cancer du col de l’utérus est elle aussi encouragée ; je vous avais interrogée la semaine dernière sur le sujet. Enfin, on lutte contre le tabagisme par une fiscalité dissuasive.

Concernant la branche famille, le Gouvernement a décidé de donner la priorité aux familles les plus pauvres, en particulier monoparentales.

Au moment où cette branche redevient excédentaire, l’alignement des plafonds de l’allocation de base, de la prestation d’accueil du jeune enfant, ou PAJE, et du complément familial a fait débat. Il est vrai que cela représentera, au terme de la montée en charge de cet alignement, une économie de 500 millions d’euros par an.

Rappelons, madame la ministre, que vous vous êtes engagée à mener une réflexion approfondie sur le devenir des allocations familiales : il s’agit, soit de préserver leur nécessaire universalité, soit de les faire évoluer vers un système plus social. De cette réflexion découlera un vrai choix de société en matière de politique familiale.

À propos de la branche vieillesse et du secteur médico-social, là encore, il nous faudra aborder la question à l’aune de l’allongement de l’espérance de vie. Deux réformes sont nécessaires : la réforme systémique des retraites, qui est à venir, mais aussi la transformation du secteur médico-social, à travers la création d’une cinquième branche.

Saluons tout de même la hausse de 2,6 % de l’ONDAM médico-social. Des mesures nouvelles se voient ainsi affectées 515 millions d’euros, somme qui permettra des créations de places et une meilleure prise en charge des pensionnaires d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ou EHPAD.

Saluons aussi la revalorisation, sur trois ans, du minimum vieillesse. Cela conduira à terme à une augmentation de plus de 500 millions d’euros des charges du Fonds de solidarité vieillesse, ou FSV, dont le déficit reste bien sûr préoccupant. Mais là la solidarité intergénérationnelle va en sens inverse : il ne faut pas non plus oublier les seniors les plus défavorisés.

Voilà donc, mes chers collègues, survolé en quelques minutes ce projet de loi de financement de la sécurité sociale. S’il introduit un certain nombre de mesures audacieuses et innovantes, il reste à mes yeux un texte de transition, en attendant les grandes réformes qui feront débat : la retraite, l’autonomie et, de façon plus générale, le vieillissement. On ne fera pas non plus l’économie d’une réflexion sur les allocations familiales.

Le principal point d’achoppement sera le financement. Demain, nous nous retrouverons en commission mixte paritaire afin de discuter de la façon dont chacun souhaite construire ce budget.

Au fil de nos débats, le texte original a subi un dérapage : on décompte près de 7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Cela a dénaturé un équilibre qui – il faut bien le reconnaître – reste fragile. Aussi ne pourrons-nous voter ce texte tel qu’issu des travaux du Sénat.

Au-delà de l’aspect purement financier, c’est aussi une affaire d’éthique que d’inscrire notre système de protection sociale dans la durée. En reprenant la dialectique de Max Weber j’opposerai à une éthique de la conviction, certes respectable, une éthique de la responsabilité.

En m’exprimant ainsi, je pense aux jeunes générations et à celles encore à venir : il ne faudrait pas qu’elles regrettent d’être venues « trop tard dans un monde trop vieux », comme écrivait Alfred de Musset. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche ; M. Yvon Collin applaudit également.)

Justice sociale… et intergénérationnelle

Lors des débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, mon intervention en séance sur la nécessité de la hausse de la CSG pour les retraités a suscité une vive émotion.

Mais de quoi parle-t-on ?

Le monde a changé. Aujourd’hui, les baby-boomers de l’après-guerre sont devenus des papy-boomers, eux qui ont connu une ascension sociale sans précédent, à une époque où, avec ou sans études, on trouvait un emploi. Il convient de regarder la réalité en face : ils ont pu s’intégrer sans difficulté sur un marché du travail alors en pleine santé grâce à la croissance exceptionnelle des Trente Glorieuses.

Ils se sont enrichis en acquérant à faible prix un patrimoine immobilier avec des créances remboursées très aisément, grâce à l’inflation. Ils ont organisé un État-providence financé à crédit, qui leur a permis, leur permet ou leur permettra de prendre une retraite dans des conditions de confort sans précédent.

 

Aujourd’hui encore, ces retraités bénéficient d’un niveau de vie légèrement supérieur à la moyenne française : en 2014, il atteignait 106,1% de celui de l’ensemble de la population (rapport annuel 2017 du Conseil d’orientation des retraites).

Selon les chiffres de l’INSEE, en 2010, les moins de 30 ans ont un patrimoine brut global médian de 10.400 euros quand celui des papy-boomers s’élève à 226.600 euros ; l’écart est de 0 à 164.200 euros pour le patrimoine immobilier médian. Les 50-64 ans ont un taux de chômage de « seulement » 7% en 2014, contre 24,4% pour les jeunes (15-24 ans). En 2011, les 18-24 ans, hors étudiants, sont ainsi 20% à vivre sous le seuil de pauvreté (à 60% du salaire médian), soit le double des retraités.

Pour autant, j’en suis bien conscient, la réalité est évidemment disparate au sein de cette génération des baby-boomers, avec des écarts très et même trop importants. Il ne s’agit nullement de nier l’extrême pauvreté de certains retraités, mais les plus vulnérables ne seront nullement touchés par la hausse de la CSG qui ne concernera que ceux dont la pension est au moins égale à 1400 euros par mois pour une personne seule de plus de 65 ans, soit une somme supérieure au SMIC.

À tous ceux qui affirment que les baby-boomers ont gagné leur argent et ont redressé le pays, je me permets de demander : à quel prix ?

Je suis loin de prétendre que cette génération n’est pas méritante, mais comment expliquer à la génération actuelle et aux suivantes que la dette publique, notamment sociale, n’a jamais été aussi conséquente et s’est bâtie petit à petit à la fin des Trente Glorieuses ?

Le contrat social, le système de répartition n’ont été pensés ni pour un allongement de la durée et de la qualité de vie ni pour un appauvrissement des travailleurs — un travailleur pauvre devrait être un oxymore, pas une réalité en constante augmentation.

De surcroît, en pleine COP 23, comment ne pas parler de la dette environnementale contractée pour un enrichissement immédiat sans penser à demain ? Illustration flagrante, faute d’avoir réfléchi au démontage des centrales nucléaires, il faut désormais investir des sommes considérables en recherche et développement.

Enfin, et c’est essentiel à prendre en compte, 1,2 millions de retraités français vivent aujourd’hui à l’étranger (soit 9,1 % d’entre eux selon la CNAV). Ils ne contribuent donc que fort peu à l’économie du pays, que ce soit par leur consommation (TVA) ou par leurs impôts. L’augmentation de la CSG reste par conséquent le meilleur moyen de les faire participer à la solidarité intergénérationnelle, afin de maintenir à flot un système dont ils ont bénéficié et dont ils bénéficient encore lors de la prise en charge de leurs soins par la sécurité sociale.

Le Gouvernement a le courage de s’attaquer à des réformes structurelles, qu’il s’agisse de la réforme du travail (contrat unique, formation), de celle du logement, à venir, ou de la refonte en cours du système social.

Plus encore que de le soutenir, j’applaudis ce courage politique, qui ose s’abstraire des enjeux électoralistes, puisque, disons-le clairement, les plus âgés votent davantage.

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (21) – Virage ambulatoire

Explication de vote :

M. Michel Amiel. L’ambulatoire n’est pas une panacée.

On peut aborder le sujet de plusieurs façons : sanitaire, économique et sociale.

D’un point de vue sanitaire, le raccourcissement du délai n’est pas une fin en soi. Toutefois, raccourcir le délai d’hospitalisation, c’est aussi diminuer le risque de maladies nosocomiales ; il faut mettre en exergue cette donnée. Les statistiques le prouvent : plus on reste hospitalisé longtemps, plus on a de risques de développer une telle maladie.

Je n’insisterai pas sur l’aspect économique : il est évident que l’ambulatoire fait faire des économies.

Sur le plan social, je voudrais juste m’attarder sur une catégorie de personnes chez qui l’hospitalisation peut être particulièrement délétère : je veux parler des personnes âgées.

Certes, les personnes âgées peuvent se retrouver seules quand elles regagnent leur domicile, mais, bien évidemment, tout dépend de leurs conditions de vie. Je rappelle tout de même que l’hospitalisation est la meilleure façon de provoquer un basculement neuropsychologique des personnes âgées, puisque, en milieu hospitalier, celles-ci ne retrouvent évidemment plus leurs repères habituels.

Je n’interviendrai plus sur l’ambulatoire – cette question mérite d’être développée avec des éléments chiffrés. Quoi qu’il en soit, il faut bien prendre en compte ces trois dimensions. Dire qu’il s’agit simplement de fermer des lits pour faire des économies est un peu caricatural.

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (20) – Accès aux équipements d’optique

Défense de l’amendement n°510 :

M. Michel Amiel. Cet amendement a été déposé dans le même esprit que le précédent.

Pour rappel, la loi Santé de 2016 a déjà codifié la profession d’orthoptiste. Par ailleurs, dès la loi Macron, des discussions ont porté sur la capacité de renouveler les équipements de lunettes sans passer par une consultation chez un ophtalmo.

Si rien ne remplacera jamais l’action du médecin dans la prévention, le dépistage et le traitement des maladies visuelles, les difficultés actuelles pour obtenir des rendez-vous chez ces professionnels de santé ne sont pas sans conséquence pour les citoyens. Sauf contre-indication médicale spécifiée, il est donc proposé que les orthoptistes, qui pourront dès le 1er janvier 2018 procéder à l’acte de mesure de l’acuité visuelle et de la réfraction, puissent au même titre que les opticiens renouveler les prescriptions de lunettes et de lentilles en fonction de ces résultats.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

Madame Catherine Deroche, rapporteur. Je formulerai la même demande de retrait que pour le précédent amendement. J’ajoute que le métier d’orthoptiste est tout de même assez différent de celui d’opticien.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Agnès Buzyn, ministre. Monsieur Amiel, vous proposez d’aller plus loin et de donner aux orthoptistes les mêmes prérogatives que celles des opticiens. Cela pourrait être envisagé, mais il nous semble vraiment nécessaire de lancer au préalable une concertation avec les professionnels. C’est pourquoi le Gouvernement vous demande de bien vouloir retirer votre amendement.

M. le président. Monsieur Amiel, l’amendement n° 510 est-il maintenu ?

M. Michel Amiel. Je suis tout à fait d’accord avec l’idée d’une concertation pour mettre les choses à plat. Je retire donc mon amendement.

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (19) – Accès territorial aux soins

Explication de vote :

M. Michel Amiel. Le mode d’exercice que j’ai pratiqué pendant trente-cinq ans est désormais terminé. La démographie médicale est très défavorable et cela va s’aggraver, d’après les chiffres, jusqu’en 2025.

Je crains que les mesures coercitives n’aggravent encore les choses. Il faut dix ans pour faire un médecin. Ce sont des études longues, qui annoncent un métier difficile. Si l’on dit en plus à des jeunes gens qui veulent choisir ces études médicales qu’à la fin ils se retrouveront face à des mesures coercitives, j’ai peur qu’on ne les décourage encore bien davantage.

On a évoqué ici, je l’ai fait moi-même, la question du numerus clausus, comme si l’ouvrir largement était une panacée. Quand on sait comment se passent les études médicales, on voit bien que l’université comme l’hôpital ne peuvent pas accueillir massivement plus d’étudiants. Ils peuvent en accueillir un peu plus, ils le font déjà, mais de façon assez marginale.

L’intérêt du plan que vous présentez, vous l’avez dit, madame la ministre, c’est de changer de paradigme : l’utilisation de la télémédecine ou le décloisonnement entre la ville et l’hôpital. Dans les Bouches-du-Rhône, où il y a des déserts médicaux, contrairement à ce que l’on peut imaginer, on a ainsi mené quelques essais avec des praticiens libéraux et hospitaliers venant travailler ensemble.

Incontestablement, le mode de rémunération change. Beaucoup de jeunes médecins ne sont plus attachés à la rémunération à l’acte, mais veulent vivre normalement, c’est-à-dire finir leur journée aux heures usuelles, ne pas être appelés la nuit, ne plus prendre de gardes. Il s’agit d’une évolution sociologique normale, que je ne lie pas forcément à la féminisation de la profession.

Ce sont là des propositions novatrices, évaluons-les dans trois ans, parce qu’un tel schéma ne pourra pas l’être dans six mois, nous verrons alors s’il faut les modifier. En attendant, je suis très défavorable aux mesures coercitives.

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