Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Auteur: MAmiel (page 1 à 25)

Le Yémen, à la croisée de multiples enjeux

Avec Abd Rabbo Mansour Hadi, président du Yémen en exil

Avec Abd Rabbo Mansour Hadi, président du Yémen en exil

Coïncidences du calendrier, au moment où je suis désigné président du groupe interparlementaire d’amitié France-Yémen, je rentre d’un séjour en Arabie Saoudite, où j’ai pu rencontrer le ministre des affaires étrangères Adel bin Ahmed Al-Jubeir, le porte-parole de la coalition, le général Ahmed Assiri, ainsi que le président du Yémen en exil Abd Rabbo Mansour Hadi.

Dans cette partie du monde, les enjeux géopolitiques et religieux s’entrecroisent : les rebelles houthis du nord, chiites, sont soutenus par les Iraniens, les Saoudiens défendent les forces gouvernementales sunnites et voient d’un mauvais œil l’implantation de l’Iran dans la péninsule arabique. Les Iraniens poussent leurs pions non seulement au Yémen, mais aussi au Liban avec le Hezbollah, en Syrie en soutenant Bachar el-Assad (qui, est de confession alaouite, proche du chiisme) et enfin en Irak. Rappelons toutefois que les Nations Unies ont soutenu l’intervention de la coalition arabe dirigée par les Saoudiens depuis mars 2015 en réponse à la poussée des rebelles houthis vers Aden, dans le sud du pays. De plus, un certain nombre de factions sévissent, qu’il s’agisse de Daesh ou d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA).

Avec Abdullah A. Al Rabeeah, directeur du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center

Avec Abdullah A. Al Rabeeah, directeur du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center

Les enjeux humanitaires sont tristement évidents puisque de nombreux civils, en particulier des enfants, meurent lors de bombardements que l’on peut qualifier d’aveugles. J’ai été reçu par le docteur Abdullah A. Al Rabeeah, directeur du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center, centre en charge de l’aide humanitaire, notamment au Yémen, pays le plus pauvre dans cette zone où les Saoudiens font la guerre et apportent en même temps de l’aide humanitaire.

Ne négligeons pas non plus les enjeux économiques pour la France : Total est majoritaire dans une usine de liquéfaction de gaz située dans le sud.

Enfin, n’oublions pas les enjeux culturels. Ce n’est pas un hasard si, du temps des Romains, on parlait d’Arabia felix (Arabie heureuse), avec la riche civilisation des Sabéens. Les anciennes villes de Shibam ou de Sanaa sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Compte rendu dans la presse de la réception au King Salman Center

Pour conclure, je dirais que, si certains souhaitent un Yalta moyen oriental où les puissances se partageraient les zones d’influence, on peut tout au plus espérer une désescalade dans cette course à la guerre qui pourrait bien sinon déboucher sur une troisième guerre du Golfe.

 

Quelques repères :

  • 1990 : réunification entre Yémen du nord, de type tribal, et Yémen du sud, république d’inspiration soviétique
  • 2004 : importance croissante des rébellions
  • 2011 : dans le sillage des printemps arabes, printemps yéménite qui conduit au départ du président Ali Abdallah Saleh, après 30 ans de pouvoir autoritaire, remplacé par son vice-président
  • 2014 : rébellion houthis qui gagne Sanaa, puis Aden, grande ville du sud
  • mars 2015 : coalition des pays arabes dirigée par l’Arabie saoudite sous le nom de « Tempête décisive ». Le Yémen du nord est tenu par les houthis soutenus par l’Iran, tandis que dans le Yémen du sud coexistent le pouvoir loyaliste autour du président Hadi en exil, un courant sécessionniste Al-Qaïda dans la péninsule arabique et une partie de l’armée yéménite fidèle à l’ex président Saleh.

 

Sénat 360 du 13 février 2018

J’ai participé à un débat sur Public Sénat concernant la « réforme globale » de la santé, où j’ai pu notamment exprimer la nécessité de décloisonner la médecine hospitalière, la médecine de ville, mais aussi le sanitaire et le médico-social.

Vous pouvez voir cette émission en cliquant ici (à partir de 1:06:30).

 

 

De l’importance des directives anticipées

La loi n°2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie permet à chaque citoyen de décider au moyen de directives anticipées s’il veut être soulagé pour attendre la mort. Il s’agit d’une avancée majeure, dans la mesure où la loi a permis que ces directives soient rendues opposables, c’est-à-dire qu’elles s’imposent au corps médical.

Cette question des directives anticipées est revenue dans l’actualité grâce à l’initiative de la Société de réanimation de langue française (SRLF), qui propose un formulaire permettant d’exprimer ses volontés. À l’instar de mon collègue Jean Leonetti, j’aurais préféré que l’on puisse remplir ce formulaire accompagné d’un médecin de son choix, mais je tenais néanmoins à saluer cette initiative, d’autant plus importante que seuls 10% des Français ont écrit leurs volontés concernant leur fin de vie.

Audition de Mme Marie-Anne Montchamp, présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, Mme Anne Burstin, directrice générale, et M. Simon Kieffer, directeur des établissements et services médico-sociaux, sur la situation dans les Ehpad

Ayant exercé comme médecin en Ehpad et été vice-président de conseil départemental pour les affaires sociales, j’ai regretté, lors de cette audition, un discours qui m’a paru très technocratique et éloigné de la réalité.

Je me suis interrogé sur la possibilité de tarifications de parcours de santé du troisième ou quatrième âge, qui prendraient en charge l’ensemble des frais de personnel médical et paramédical. Il faut également des structures plus souples et plus petites. Enfin j’ai posé la question de la création d’une cinquième branche.

 

Vous pouvez voir l’enregistrement vidéo de cette audition en cliquant ici.

« Ce combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat à tous »

J’ai assisté hier soir au dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), où Emmanuel Macron, invité d’honneur, a rappelé son soutien au peuple arménien.

Il s’est engagé à « l’inscription au calendrier républicain d’une journée pour la commémoration du génocide ».

Il a également souhaité remettre devant la représentation nationale le sujet de la pénalisation du négationnisme.

Enfin, lorsque les coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, lui ont demandé de condamner la Turquie qu’ils accusent de menacer les minorités dont les Arméniens et l’ont aussi convié à se rendre au Haut-Karabakh, le président de la République, bien que très conscient de « la morsure de l’Histoire », a dû décliner, dans la mesure où il souhaite conserver à la fois « un dialogue régulier et exigeant » avec le président turc et le rôle de médiateur de la France dans le conflit du Haut Karabakh.

Rapport de la Cour des comptes relatif à la prise en charge de l’autisme

Lors de l’audition du rapporteur, M. Patrick Lefas, je me suis interrogé sur les motifs de la saisine, de la part d’une institution qui n’a pas vocation sanitaire.
Saluant le développement des neurosciences et conscient que l’autisme a vraisemblablement une polyétiologie, j’ai posé la question de la pertinence de la psychanalyse et du retard de la France vis-à-vis de ses voisins qui ont depuis longtemps adopté d’autres méthodes.

Vous pouvez voir l’enregistrement vidéo de cette audition en cliquant ici.

Hôpitaux, EHPAD, prisons : de grands défis à relever

Depuis bien longtemps, l’hôpital est malade, si malade qu’il ne peut plus désormais assurer sa fonction de service publique de façon digne. Les conditions de travail y sont de plus en plus dégradées, souvent intolérables. Le gestionnaire a pris le pas sur le sanitaire et le système de tarification à l’activité (T2A) a été largement perverti. L’hôpital n’a pas su se réformer, c’est pourquoi il est urgent de revoir tout le système de santé, en responsabilisant chacun (soignants, administration, mais aussi patients), en développant la télémédecine et l’innovation…

Aujourd’hui, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont en grève, directeurs compris. Les aide-soignants y sont épuisés, témoignant d’une réelle détresse à se trouver en nombre insuffisant pour accompagner le quotidien des résidents avec l’humanité et la dignité nécessaires, ce qui aboutit à des situations qu’on peut légitimement qualifier de maltraitance institutionnelle. Il est pourtant essentiel de mettre en place un modèle d’organisation pérenne qui puisse prendre en charge le vieillissement de la population au travers d’une grande loi sur la dépendance et de la mise en œuvre d’un « cinquième risque ».

Dans les prisons françaises, la situation est également particulièrement difficile. Une vaste mobilisation des surveillants s’est déclenchée suite à l’agression de l’un des leurs et de nombreux établissements pénitentiaires ont subi des blocages. La surpopulation carcérale conduit à des conditions révoltantes tant pour les détenus que pour leurs surveillants qui ne peuvent pas travailler en toute sécurité. La prise en charge des détenus terroristes, radicalisés ou particulièrement violents exige des moyens spécifiques qui ne sont pas toujours réunis. Mais, au-delà de la question des moyens, sommes-nous prêts à une véritable réforme pénale et pénitentiaire ? Sommes-nous prêts à admettre que beaucoup de ceux qui sont en prison ne devraient pas s’y trouver ?

Hôpitaux, EHPAD, prisons : ces secteurs, apparemment sans grand rapport, sont tous devenus sinistrés. Ils sont pourtant essentiels parce qu’ils concernent les plus vulnérables et/ou à la marge et constituent donc autant de grands défis à relever pour avancer vers une société plus juste et plus humaine.

Médicaments, sécurité, innovation et démocratie sanitaire

Trombinoscope 201801

 

Article paru dans La Revue du Trombinoscope de janvier 2018.

 

Proposition de loi portant création d’un fonds d’indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques

Lors de l’examen du rapport et du texte de la commission, je me suis attardé sur l’imputabilité de certaines pathologies au glyphosate, estimant paradoxal d’indemniser des pathologies liées à une substance qu’on n’interdirait pas.

Proposition de loi créant un dispositif de don de jours de repos non pris au bénéfice des proches aidants de personnes en perte d’autonomie ou présentant un handicap

Lors de l’examen du rapport et du texte de la commission, j’ai notamment suggéré qu’on puisse réfléchir à la définition d’un statut professionnel d’aidant.

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