Cette convention sur le Tibet, la septième du genre, a réuni à Riga (Lettonie), du 7 au 10 mai 2019,  des parlementaires du monde entier, sensibles à la cause tibétaine.

Après avoir rappelé :

  • les préconisations des six conventions précédentes,
  • le manque de volonté des autorités chinoises de reprendre le dialogue avec les représentants du Dalaï-Lama depuis 2010,
  • l’urgence de résoudre le conflit sino-tibétain engendré par l’invasion du Tibet par la Chine en 1949-1950, suivie de son annexion en 1951,
  • le rôle politique joué par les parlementaires dans la prise de conscience par les gouvernements de la situation au Tibet,

la déclaration de Riga :

  • a réitéré la conviction selon laquelle ce conflit ne pouvait se résoudre que par la négociation,
  • a réaffirmé le caractère illégal de l’occupation du Tibet par la Chine,
  • a rejeté l’idée selon laquelle le Tibet faisait partie intégrante de la Chine depuis les temps anciens,
  • a reconnu la légitimité du gouvernement tibétain en exil,
  • a exprimé sa solidarité avec le peuple tibétain en reconnaissant ses droits à l’autodétermination, à ses pratiques religieuses et culturelles,
  • a fait part de son inquiétude sur la dégradation environnementale du plateau tibétain, lié à l’accumulation de déchets toxiques, à la création de barrages sur les cours d’eau, à l’exploitation non contrôlée des ressources naturelles.

Ce dernier point me paraît très important ; il avait été particulièrement abordé par le Dalaï-Lama lors de son passage au Sénat, ainsi que par une conférence qu’avait donnée Matthieu Ricard, tous deux abordant la question de l’anthropocène, c’est-à-dire cette période de l’histoire de l’univers où l’homme peut influencer sur son évolution. Aujourd’hui, cette idée n’est plus remise en cause. Elle avait conduit Lévi-Strauss à exprimer son pessimisme en disant que « l’univers a commencé sans l’homme et finira sans lui », bien avant que le sujet ne devienne d’actualité.

Je terminerai par une note personnelle en exprimant l’idée selon laquelle la question tibétaine dépasse largement le problème local : elle traduit en effet des questions plus que jamais d’actualité, celles des droits de l’homme, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et, désormais, les questions d’environnement.

Rappelons que le Tibet est le château d’eau de l’Asie, avec ses grands fleuves qui y prennent leur source, ou que le réchauffement climatique est responsable de la fonte du permafrost (qui est le sol de l’écorce terrestre qui reste gelé au moins deux années consécutives), ce qui a pour conséquence la libération dans l’atmosphère de substances néfastes, dont le mercure et le dioxyde de carbone, gaz à effet de serre, créant ainsi un cercle vicieux, mais faisant également resurgir des virus oubliés.