Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (PLFSS) s’inscrit d’abord dans un objectif de retour à l’équilibre, ce qui passe par baisser la dépense publique, réduire le déficit et apurer la dette.
Il aspire à la fois à réorganiser notre système de santé et à protéger les plus précaires.

Parmi ses nombreuses mesures, je tiens à saluer le déploiement du « reste à charge zéro », voté l’an dernier et concernant les remboursements des soins dentaires, optiques et auditifs. Il s’agit d’une mesure sociale essentielle en faveur des plus modestes et, en particulier, des personnes âgées. En effet, le reste à charge représente 25% de la dépense en matière de prothèse dentaire, 22% de la dépense en optique et jusqu’à 56% pour les aides auditives. Beaucoup trop de gens renoncent donc au traitement adapté, avec parfois de graves conséquences. C’est ainsi que le mauvais état bucco-dentaire d’une personne âgée sera à l’origine d’une dénutrition ou que la surdité précipitera un état neurovégétatif et un isolement social.
Dans le même esprit de protection des plus fragiles, le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé bénéficieront de nouveau de revalorisations exceptionnelles. De surcroît, le recours aux dispositifs d’aide à la couverture complémentaire santé sera amélioré.

Je note également avec satisfaction que ce PLFSS affirme la prévention comme la priorité qu’elle doit être, notamment par le biais de quatre articles.
L’article 37 prévoit de renforcer le suivi de la santé chez les jeunes, en redéployant les examens de santé obligatoires jusqu’à l’âge de 18 ans au lieu de les concentrer entre la naissance et l’âge de 6 ans.
L’article 38 crée un fonds dédié à la lutte contre les addictions liées aux substances psychoactives (tabac, alcool et cannabis). Rappelons que 120000 décès sont imputables à la consommation de ces substances, dont 30% des cas de mortalité prématurée survenant avant 65 ans. Je propose d’ajouter à ces addictions celles qui concernent les jeux (jeux vidéo, jeux en ligne) et d’interdire qu’on puisse en faire la publicité.
L’article 39 prévoit, lui, la généralisation de l’expérimentation de la vaccination antigrippale par les pharmaciens, afin de contribuer à freiner la circulation du virus de la grippe et à réduire les risques liés à l’épidémie. Je souhaite rendre ce vaccin obligatoire chez les professionnels de santé et les personnels des EHPAD.
Enfin, l’article 40 instaure une prise en charge de l’intervention précoce pour l’autisme et les troubles du neuro-développement.

En revanche, je suis extrêmement réservé sur le forfait de réorientation aux urgences, manière de rémunération pour une non consultation, mesure que j’estime coûteuse, inefficace voire méprisante à l’égard des médecins généralistes.

Mais, pour l’essentiel, je me réjouis de ce PLFSS, qui, non seulement comporte des mesures importantes de protection des plus vulnérables et de renforcement de la prévention, mais marque un retour à l’équilibre de la sécurité sociale pour la première fois depuis dix-huit ans, afin de ne pas laisser à nos enfants une dette liée à notre système de santé.