Question écrite n°02549, publiée dans le Journal Officiel Sénat du 21 décembre 2017 :

M. Michel Amiel attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur le recrutement et la formation des enseignants dans les collèges et lycées. Le ministère a annoncé que le nombre de postes offerts pour le certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement secondaire (CAPES) en externe baissera de 20 % en 2018. Certes, cela répond à plusieurs contraintes, notamment à la priorité accordé au premier degré ; la récente étude PIRLS (Progress in international reading literacy study), comparant les systèmes éducatifs de 50 pays, ayant placé la France à la 34e place en compréhension de lecture, mais encore plus grave, notre pays étant le seul (avec les Pays-Bas) à avoir régressé. Cela tient aussi compte des postes ouverts non pourvus ces dernières années, ramenant « les concours à leur rendement effectif ». Toutefois, alors que 17 000 élèves supplémentaires sont attendus dans le second degré à la rentrée 2018, il apparaît important de bien penser l’équilibre de ces recrutements et, surtout, le niveau de formation qu’ont ces enseignants. Aussi, il lui demande quelle mesures il compte prendre afin d’assurer non seulement un objectif quantitatif juste (selon les besoins des académies dans les différentes matières) mais surtout un objectif qualitatif de la formation des enseignants.

Réponse de M. le ministre de l’éducation nationale, publiée dans le Journal Officiel Sénat du 18 octobre 2018

La politique de recrutement des enseignants du second degré public fait l’objet d’une évaluation prévisionnelle chaque année dans le respect des emplois votés en loi de finances. Il s’agit de déterminer le calibrage du nombre de postes offerts au recrutement pour les différents concours entre chaque discipline en fonction de plusieurs indicateurs (notamment le volume global de postes offerts, les prévisions de départ à la retraire dans la discipline, la présence de sureffectifs disciplinaires, l’évolution des heures d’enseignement, les demandes des académies pour chaque discipline, l’évolution du nombre d’élèves,…). Dans ce contexte, il convient de souligner que le ministère de l’éducation nationale a mené une action volontariste afin de limiter les déperditions constatées au CAPES externe (entre 15 % et 20 % de postes non pourvus depuis plusieurs années) en diversifiant les viviers de candidats notamment en augmentant la part des postes ouverts au troisième concours du CAPES : 340 postes ont été proposés à la session 2018. La qualité de la formation des professeurs est la condition de la qualité du service public de l’enseignement, de l’attractivité des métiers et de la réussite des élèves. C’est pourquoi le ministère a engagé une réflexion afin, notamment, de permettre une entrée progressive dans le métier, de renforcer la formation initiale en ESPE, et de mieux articuler celle-ci avec la formation continue pendant les premières années de carrière. En particulier, afin de professionnaliser plus tôt pour mieux recruter, le ministre a ouvert un chantier pour ouvrir plus largement la possibilité pour des étudiants de s’investir dans l’enseignement, afin de découvrir le métier, acquérir des compétences et mieux préparer les concours de recrutement. A compter de la rentrée 2019, le dispositif de préprofessionnalisation proposera des parcours cohérents permettant de se familiariser progressivement avec le monde de l’école, de la deuxième année de licence au master 1. Il diversifiera le vivier de recrutement des enseignants, et accompagnera les candidats vers la réussite au concours, en les guidant progressivement vers le métier de professeur. Ces parcours, qui concilieront réussite universitaire et professionnalisation, fonderont les choix de carrière sur une expérience concrète. S’agissant de la formation initiale, le Gouvernement proposera, au premier semestre 2019, un cadrage national plus précis des attendus de cette dernière, afin d’avoir un niveau de formation plus homogène sur l’ensemble du territoire et de renforcer l’efficacité du dispositif.