Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Mois : mai 2017

Article du Monde, cahier science & médecine, 31 mai 2017

Article Monde 170531

Entretien à La Provence, 9 mai 2017

Article La Provence 170509

Un vote de bon sens pour une France à la croisée des chemins

Je suis bien trop respectueux des opinions et des votes de chacun pour me permettre de donner, comme l’on dit, des « consignes de vote ».

Il me paraît en revanche légitime d’expliquer mes choix politiques : c’est à la fois une question de courage et d’engagement.

Plus qu’une crise économique, ne sommes-nous pas en train de traverser une crise de la démocratie elle-même, comme le montre l’arrivée au pouvoir – et par les urnes – de Poutine en Russie, Trump aux États-Unis et Erdogan en Turquie ? Un peu comme si les peuples, lassés de leur démocratie, qu’ils perçoivent comme molle et plus ou moins corrompue, étaient prêts à des alternatives autoritaires.

Aujourd’hui, le spectacle que nous donne la France est celui d’un pays fracturé, non pas en deux, mais en une mosaïque composée de citoyens qui ne se regardent plus, ne se parlent plus, ne vivent plus ensemble et se replient sur eux-mêmes dans une peur irraisonnée de l’autre.

A la France qui réussit, qui travaille, qui croit en son avenir en dépit des difficultés s’oppose une autre France, qui se sent plombée par l’accroissement des inégalités, totalement oubliée, au point de ne même plus espérer que les politiques puissent améliorer la vie.

Entre les deux se tient une France moyenne, elle-même hétérogène, touchée par « la spirale du déclassement » – pour reprendre l’expression de l’ouvrage du sociologue Louis Chauvel –, spirale infernale qui touche en premier lieu les jeunes, à qui l’on a proposé des diplômes et des formations qui ne débouchent sur rien et qui se trouvent de surcroît confrontés à l’impossibilité d’avoir accès à un logement.

C’est notamment cette désespérance, cette perte de foi en l’avenir qui aiguisent les frustrations et les ressentiments à l’égard de ceux qui réussissent, mais aussi des hommes politiques dont on ne croit plus aux capacités de faire progresser les choses.

Pour autant, placer sur le même plan, dans une philosophie du « ni-ni » Marine Le Pen et Emmanuel Macron me paraît un non-sens et un raccourci dangereux pour l’avenir de la démocratie et de notre pays.

En effet, si l’on regarde les programmes des deux candidats qui restent en lice, on constate que celui de Marine Le Pen n’a que pour seul objectif de s’opposer à la mondialisation par une approche nationaliste et protectionniste, dont elle perçoit elle-même l’impossibilité, comme on a pu le constater au travers de son récent rétropédalage concernant la sortie de l’euro.

D’autre part, n’étant plus à un paradoxe près, elle s’allie aujourd’hui avec Nicolas Dupont-Aignan dont les accents gaullistes sont pour le moins contradictoires avec l’anti gaullisme affiché par nombre d’électeurs du Front National.

Quant à Emmanuel Macron, il tente, en mettant l’accent sur l’éducation – l’une de ses priorités – d’accompagner et d’adoucir cette mondialisation en plaçant la France dans une Europe forte, seule capable de s’opposer, en tout cas sur le plan économique, à la puissance de grandes nations comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

S’il est élu, il engagera toute son énergie, afin de réussir, de recoller les morceaux de ce puzzle, en redonnant la fierté d’être français au sein d’une Union européenne, qui n’aura plus peur de s’affirmer dans le concert des nations, car, oui, c’est avant tout une crise de confiance que subit aujourd’hui la France et, de manière plus globale, l’Europe.

Enfin, il a pour lui la jeunesse et la culture de l’innovation. A ce titre, il compte notamment utiliser les progrès technologiques et numériques, non comme une fin en soi, mais comme un outil de mieux-être.

Le 7 mai, je voterai donc Emmanuel Macron, que je soutiens depuis le début de son mouvement En Marche !

 

 

© 2017 Michel AMIEL

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