Depuis hier, M Jean-Luc Romero a lancé, via son l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), une campagne choc pour interpeller la classe politique et les candidats à la présidentielle. Ce « J’Accuse…! » prétend, entre autres, que le Président de la République laisse mourir de faim et de soif les personnes en fin de vie.

Comment osez-vous M. Romero ?

La dernière loi Leonetti, que j’ai eu l’honneur de rapporter au Sénat, constitue une avancée majeure pour le droit à mourir dans la dignité.

Non, cette loi n’est pas une loi écrite pour les médecins, mais bien pour les citoyens.

Elle établit un droit des patients à ne pas souffrir, elle leur donne un droit réel de décider de leur destinée grâce à des directives anticipées contraignantes.

Elle permet, selon les mots de M. Leonetti, d’ouvrir un droit de « dormir pour ne pas souffrir avant de mourir ». Comment ne pas y voir un respect de la dignité ?

Oui, sa rédaction s’est concentrée sur la souffrance des personnes en fin de vie, et la sédation que chacun est désormais en droit de demander répond à cette attente de ne pas agoniser dans de terribles souffrances.

Le pas vers un droit à la mort n’a pas été franchi, mais je ne saurais dire que cela ne représente pas un apport réel à la dignité des personnes en fin de vie. Cette loi est faite pour les gens qui vont mourir et non pour ceux qui veulent mourir, comme je l’ai souvent rappelé lors de mes interventions, elle ne constitue donc certes pas un droit à la mort, mais un droit à une mort apaisée.

Alors que l’association appelle, en ce jour de 9ème Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, à un grand rassemblement citoyen, je souhaite, pour ma part, inviter à la réflexion sur ce qu’est la dignité, réflexion qui a guidé nos travaux tout au long de l’examen de la loi du 2 février 2016.