Les sénateurs se sont emparés de ces questions par le biais d’une Mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France et de ses lieux de culte.
Cette mission, à laquelle j’ai participé, a travaillé pendant six mois, procédant à de très nombreuses auditions et effectuant des déplacements en France et à l’étranger (Londres, Rabat, Alger).
Aujourd’hui, elle a présenté son rapport au cours d’une conférence de presse, rapport qui, une fois n’est pas coutume, a été adopté à l’unanimité. Consensuel, il appelle au strict respect des principes fixés par la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l’État.
La Mission a proposé dans ses conclusions de nombreuses pistes concernant la formation des imams et des aumôniers, le financement du culte musulman, la filière hallal, la représentativité du culte musulman auprès des pouvoirs publics et l’enseignement privé musulman.
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Soyons bien clairs, l’Islam en soi ne pose pas plus de problèmes que les autres religions présentes en France, mais c’est quand même en son nom que des actes atroces sont perpétrés sur notre territoire et à travers le monde. C’est hélas au nom d’un Islam dévoyé que des terroristes tuent.
Il est donc essentiel de bien observer et différencier les organisations culturelles et cultuelles islamiques sur notre sol, afin d’éviter que certains n’instrumentalisent les premières pour propager, au nom des secondes, des messages de haine aux antipodes des valeurs de notre République.
À chaque étape de notre réflexion, nous avons pris soin de tordre le cou aux idées reçues qui entravent le débat serein qui doit avoir lieu à chaque niveau, de l’association de quartier au sommet de l’État.
Si je sais essentiels la liberté pour chacun de croire ou non, de pratiquer ou non, et le retrait nécessaire que doit avoir l’autorité publique en la matière, j’ai toutefois, en tant que maire, créé des carrés confessionnels (l’un israélite, l’autre musulman) dans le cimetière de ma commune, afin de répondre aux demandes qui m’étaient faites par les familles. Il s’agit, comme le disent les Canadiens, d’accommodements raisonnables, conciliant les principes de neutralité et de liberté de conscience.
Néanmoins, je ne suis pas favorable au hallal, ni au casher, dans les cantines scolaires, qui, je le rappelle, ne sont pas des services publics et dont la contrainte principale doit être le strict respect de l’hygiène alimentaire et de l’équilibre nutritionnel ; pour autant, des menus de substitution sont proposés chaque fois que cela est nécessaire.

Puissent cette Mission, son rapport et ses conclusions apaiser les esprits et inciter à un débat constructif sur la place du fait religieux en France.