Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Le bio dans les cantines : libre administration des collectivités et agriculture locale

Interpellé sur ce sujet par de nombreux citoyens, je souhaite, à travers ce billet, expliquer mon choix de voter contre l’instauration de 20% de produits issus de l’agriculture biologique ou de surfaces agricoles en conversion dans la restauration collective gérée par l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics.

Que ce soit bien clair, je soutiens la démarche agricole bio.
C’est pourquoi je souhaite replacer mon vote dans son contexte, celui de la loi qui était en examen et avait pour objet principal — et pour titre — de « (…) favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation ».
A travers ce texte, l’idée était donc de favoriser le développement des circuits courts et de promouvoir le terroir local.
Le texte final contient bien l’obligation de proposer des produits bio dans la restauration collective, mais ne spécifie pas la part que ces derniers doivent prendre. Ainsi, l’article 1 prévoit un objectif général de « 40% de produits utilisés dans la restauration collective issus d’approvisionnement en circuits courts ou de proximité ou répondant à des critères de développement durable, notamment la saisonnalité ».
Si je n’ai pas choisi d’instaurer un quota sur le bio de manière particulière, c’est que, comme le dit la loi, il faut faire avec « les capacités de production locale ». En effet, sur certains territoires, l’offre peut s’avérer insuffisante, ce qui signifie que, pour atteindre ce quota, certaines collectivités auraient l’obligation d’importer du bio depuis des régions, des pays, voire des continents voisins, conséquence bien ubuesque au vu de l’objectif de valorisation de l’agriculture locale.

Oui, nous devons nous efforcer de faire cohabiter les réalités locales avec l’ambition d’une meilleure protection de la planète (bilan carbone) et des hommes (consommation de produits bio), et c’est pour cela que je laisse les décideurs locaux, bien conscients de la réalité de leur territoire, choisir comment ils souhaitent encourager au mieux le développement de l’agriculture biologique au travers de la consommation dans la restauration collective.

 

2 commentaires

  1. Voter la loi serait me semble-t-il favoriser cette agriculture bio et locale car les producteurs seraient assurés d’un débouché. Croyez-vous que sans la loi les cantines se privent de se fournir dans d’autres régions ou pays, s’adressant au plus offrant, et tant pis si les champignons viennent de Tchernobyl! Le café et les bananes seront-ils interdits pour cause de préservation de l’environnement?
    Je ne sis pas convaincue par vos arguments. Toutefois, je vous remercie de votre réponse.
    Meilleures salutations

  2. C »est en créant une forte de demande de produits bio que l’on amène l’agriculture à se transformer en agriculture biologique. Et non pas en se refusant de voir la réalité comme le fait l’autruche . Si la production locale de produits bio est insuffisante, ce qui semble le seul critère retenu par Mr Amiel, alors il faut importer des produits bio pour nos enfants jusqu’à ce que le secteur agricole s’adapte aux demandes bien légitimes des consommateurs.
    Les agriculteurs sont très capables de comprendre où est leur intérêt. je leur fais tout à fait confiance pour cela, à condition que l’on ne les aide pas à prendre du retard sur l’histoire et l’evidence. En votant contre, Mr Amiel vous aidez les agriculteurs à prendre du retard ce qui permet au passage d’empoisonner un peu plus longtemps nos enfants.

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