Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Mois : juillet 2016

Instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs (6)

Lors de cet examen, en nouvelle lecture, du rapport et du texte de la commission sur le projet de loi relatif au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, j’ai choisi de voter contre la question préalable, car elle est au Sénat ce que le 49-3 est à l’Assemblée : une manière brutale d’éluder le débat.

Audition de M. Lionel Collet, candidat pressenti pour le poste de président du conseil d’administration de l’agence nationale de santé publique (ANSP)

Au cours de cette audition, je suis intervenu sur les vaccins et sur l’antibiorésistance.

Marchons, marchons !

J’étais présent hier soir au meeting d’Emmanuel Macron.

J’ai beaucoup apprécié la liberté de ton, la manière frontale et très pragmatique qu’il a d’aborder les sujets, partant du réel et n’éludant aucune difficulté. Plusieurs passages de son discours m’ont paru particulièrement intéressants :

  1. La volonté de réconcilier les valeurs de notre devise, la Liberté, plutôt revendiquée par la droite, et l’Egalité, plutôt revendiquée par la gauche, réunies en solidarité, concept moderne de la Fraternité.
  2. Les trois grands défis de notre époque, qu’il a su aborder sans complexes  :
  •  la numérisation, qui a révolutionné notre mode de vie, dans notre rapport à l’autre, au temps et à la démocratie,
  •  la relation au travail, de plus en plus dérégulé, ce qu’il convient d’appeler uberisation de la société, qu’il faudra bien accompagner,
  •  le grand défi environnemental, puisque nous sommes dans l’ère de l’anthropocène (concept qui renvoie à l’impact des activités humaines sur l’environnement), même si le mot n’a pas été prononcé.
  1. Sa réflexion, claire, sur l’identité nationale et la laïcité, socle fondamental du pacte républicain.
  2. Son point de vue sur l’Europe, qu’il voit comme un creuset de paix et d’échanges économiques.

L’essai a été marqué, reste maintenant à le transformer, tant ce positionnement est inhabituel chez les politiques et s’inscrit dans la droite ligne des Pierre Mendès France, Jacques Delors et Michel Rocard, dont on sait qu’ils ne sont jamais parvenus au sommet du pouvoir.

En ce qui me concerne, je souhaite bonne marche à ce mouvement et suis prêt à apporter ma pierre à l’édifice, sans même préjuger de son devenir politique.

Contre les génocides et le négationnisme, les parlementaires d’Europe s’engagent

Je suis signataire d’une tribune publiée ce jour dans de nombreux journaux par des parlementaires de 32 pays différents : « Contre les génocides et le négationnisme, les parlementaires d’Europe s’engagent ».

En effet, j’estime essentiel de m’engager dans le « Réseau Elie Wiesel » pour la prévention des crimes de masse et génocides et contre le négationnisme.

Islam : une Mission pour sortir des clichés

Les sénateurs se sont emparés de ces questions par le biais d’une Mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France et de ses lieux de culte.
Cette mission, à laquelle j’ai participé, a travaillé pendant six mois, procédant à de très nombreuses auditions et effectuant des déplacements en France et à l’étranger (Londres, Rabat, Alger).
Aujourd’hui, elle a présenté son rapport au cours d’une conférence de presse, rapport qui, une fois n’est pas coutume, a été adopté à l’unanimité. Consensuel, il appelle au strict respect des principes fixés par la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l’État.
La Mission a proposé dans ses conclusions de nombreuses pistes concernant la formation des imams et des aumôniers, le financement du culte musulman, la filière hallal, la représentativité du culte musulman auprès des pouvoirs publics et l’enseignement privé musulman.
Vous pouvez en lire le contenu sur ce document.

Soyons bien clairs, l’Islam en soi ne pose pas plus de problèmes que les autres religions présentes en France, mais c’est quand même en son nom que des actes atroces sont perpétrés sur notre territoire et à travers le monde. C’est hélas au nom d’un Islam dévoyé que des terroristes tuent.
Il est donc essentiel de bien observer et différencier les organisations culturelles et cultuelles islamiques sur notre sol, afin d’éviter que certains n’instrumentalisent les premières pour propager, au nom des secondes, des messages de haine aux antipodes des valeurs de notre République.
À chaque étape de notre réflexion, nous avons pris soin de tordre le cou aux idées reçues qui entravent le débat serein qui doit avoir lieu à chaque niveau, de l’association de quartier au sommet de l’État.
Si je sais essentiels la liberté pour chacun de croire ou non, de pratiquer ou non, et le retrait nécessaire que doit avoir l’autorité publique en la matière, j’ai toutefois, en tant que maire, créé des carrés confessionnels (l’un israélite, l’autre musulman) dans le cimetière de ma commune, afin de répondre aux demandes qui m’étaient faites par les familles. Il s’agit, comme le disent les Canadiens, d’accommodements raisonnables, conciliant les principes de neutralité et de liberté de conscience.
Néanmoins, je ne suis pas favorable au hallal, ni au casher, dans les cantines scolaires, qui, je le rappelle, ne sont pas des services publics et dont la contrainte principale doit être le strict respect de l’hygiène alimentaire et de l’équilibre nutritionnel ; pour autant, des menus de substitution sont proposés chaque fois que cela est nécessaire.

Puissent cette Mission, son rapport et ses conclusions apaiser les esprits et inciter à un débat constructif sur la place du fait religieux en France.

Le bio dans les cantines : libre administration des collectivités et agriculture locale

Interpellé sur ce sujet par de nombreux citoyens, je souhaite, à travers ce billet, expliquer mon choix de voter contre l’instauration de 20% de produits issus de l’agriculture biologique ou de surfaces agricoles en conversion dans la restauration collective gérée par l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics.

Que ce soit bien clair, je soutiens la démarche agricole bio.
C’est pourquoi je souhaite replacer mon vote dans son contexte, celui de la loi qui était en examen et avait pour objet principal — et pour titre — de « (…) favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation ».
A travers ce texte, l’idée était donc de favoriser le développement des circuits courts et de promouvoir le terroir local.
Le texte final contient bien l’obligation de proposer des produits bio dans la restauration collective, mais ne spécifie pas la part que ces derniers doivent prendre. Ainsi, l’article 1 prévoit un objectif général de « 40% de produits utilisés dans la restauration collective issus d’approvisionnement en circuits courts ou de proximité ou répondant à des critères de développement durable, notamment la saisonnalité ».
Si je n’ai pas choisi d’instaurer un quota sur le bio de manière particulière, c’est que, comme le dit la loi, il faut faire avec « les capacités de production locale ». En effet, sur certains territoires, l’offre peut s’avérer insuffisante, ce qui signifie que, pour atteindre ce quota, certaines collectivités auraient l’obligation d’importer du bio depuis des régions, des pays, voire des continents voisins, conséquence bien ubuesque au vu de l’objectif de valorisation de l’agriculture locale.

Oui, nous devons nous efforcer de faire cohabiter les réalités locales avec l’ambition d’une meilleure protection de la planète (bilan carbone) et des hommes (consommation de produits bio), et c’est pour cela que je laisse les décideurs locaux, bien conscients de la réalité de leur territoire, choisir comment ils souhaitent encourager au mieux le développement de l’agriculture biologique au travers de la consommation dans la restauration collective.

 

© 2017 Michel AMIEL

Theme by Anders NorenUp ↑