Question écrite n°21573, publiée dans le Journal Officiel Sénat du 5 mai 2016

M. Michel Amiel attire l’attention de Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur les conséquences de la loi n° 2014-40 du 20 juillet 2014 visant à garantir l’avenir et la justice du système de retraites sur les maîtres de l’enseignement privé.

En effet, l’article 51 de cette loi pose le principe de l’affiliation des agents contractuels de droit public à l’institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques (IRCANTEC) pour tout agent recruté à compter du 1er janvier 2017.
Or, l’article L. 914-1 du code de l’éducation dispose que les maîtres contractuels des établissements privés sous contrat bénéficient des mêmes conditions de service, de cessation d’activité, des mesures sociales que les maîtres titulaires de l’enseignement public.
D’autre part, ces enseignants relèvent du régime général de la sécurité sociale et sont à la fois électeurs et éligibles aux comités d’entreprises des établissements dans lesquels ils enseignent. De ce fait, s’appliquent à eux les mêmes prérogatives qu’aux salariés de droit privé.
De plus, le statut lentement construit des maîtres de l’enseignement privé sous contrat stipule que ces maîtres du privé sont affiliés, pour leur retraite complémentaire, aux caisses du régime de retraite complémentaire des salariés (ARRCO) et de l’association générale des institutions de retraite des cadres (AGIRC).
L’affiliation à l’Ircantec aggraverait les inégalités déjà nombreuses entre les enseignants du privé et du public, dans la mesure où la baisse du montant de la retraite n’est pas compensée par la baisse des cotisations durant la période d’activité et représenterait une rupture du principe d’égalité puisque les uns cotiseraient à l’Agirc-Arrco et les autres à l’Ircantec, alors même que l’article précité et modifié par la loi n° 2005-5 du 5 janvier 2005 relative à la situation des maîtres des établissements d’enseignement privés sous contrat, acte le principe constitutionnel « de parité » voulu et inscrit par la loi n° 77-1285 du 25 novembre 1977 dite Guermeur, dans son article premier entré en vigueur le 1er septembre 2005.

Il lui demande donc si elle envisage de prendre des mesures dérogatoires ou compensatoires afin de garantir le principe de parité.