© photographes du Sénat

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Membre du groupe d’information internationale sur le Tibet, j’ai eu l’occasion, en marge de la Conférence sur le Climat, d’une brève rencontre avec Matthieu RICARD, moine bouddhiste d’origine française et interprète du Dalaï-Lama, ainsi que Madame Dicki CHHOYANG, ministre des Affaires étrangères de l’Administration centrale tibétaine, rencontre qui arrive comme une bouffée d’oxygène en ces temps troublés.

Au-delà de la dimension humanitaire bien connue, le Tibet pays lointain et grand comme sept fois la France, représente ainsi un nouvel enjeu, certes moins connu du public, mais également de dimension planétaire, et constitue un enjeu environnemental, lui aussi négligé par les autorités chinoises : construction forcenée de barrages, déviation de fleuves, sédentarisation des populations nomades.
Appelé parfois le château d’eau de l’Asie, le Tibet voit les huit grands fleuves de l’Asie prendre leur source sur son territoire pour alimenter en eau 40% de la population mondiale, en particulier l’Inde et la Chine.
Le sol gelé du plateau tibétain, appelé pergélisol, stocke un quart du carbone de la planète sous forme de méthane. Le dégel de ce sol est l’une des principales source d’émission de gaz à effet de serre, et, plus problématique encore, le processus est quasi-irréversible lorsqu’il a commencé ; seule une nouvel ère de glaciation pourrait regeler le sol.
L’interdépendance des phénomènes, concept cher à la pensée bouddhiste, et la responsabilité universelle, tels sont les deux axes de réflexion auxquels la question tibétaine nous invite. L’importance des conséquences du réchauffement climatique sur ce pays, et sur la planète tout entière, justifie l’autre appellation du Tibet : le troisième pôle.

MA MR

Je terminerai avec une citation grinçante de Groucho MARX qui disait « Pourquoi me préoccuper des générations à venir ? Qu’ont-elles fait pour moi ? »
Le drame est que cette citation a été reprise très sérieusement par un milliardaire américain à propos de la montée des océans.
A ce propos, que dire des millions de déplacés climatiques qui déferleront sur nos pays tempérés quand les catastrophes climatiques arriveront inévitablement si rien n’est fait dès maintenant, alors même que le débat porte aujourd’hui en France sur 25.000 réfugiés que notre pays serait dans l’impossibilité d’accueillir, débat qui débouche sur les résultats électoraux que nous connaissons ?