Michel AMIEL

Sénateur des Bouches-du-Rhône

Quelques questions après le choc du 13 novembre

Une nouvelle fois, la France vient d’être frappée. Une série d’attentats simultanés a fait de nombreux morts, des blessés, et ceux qui survivront en garderont des séquelles indélébiles.
Dans un premier temps, il convient de se recueillir, de penser à toutes les victimes ainsi qu’à leurs familles et à leurs proches.

Plus encore que notre modèle démocratique, ce sont nos valeurs qui ont été ciblées : celle de la liberté, liberté de se retrouver dans des lieux d’expression culturelle comme un concert, celle de l’égalité, celle de tout un peuple uni derrière son équipe nationale, mais surtout celle de la fraternité, l’habitude conviviale de tout un chacun de partager un verre ou un repas à une terrasse.

Au-delà de l’émotion suscitée par ces événements, nous ne pouvons éluder un certain nombre de questions, sans forcément avoir la prétention d’y répondre.

A qui et à quoi s’attaquent ces groupes terroristes ?
S’il s’agit de s’attaquer à notre modèle démocratique occidental, force est d’admettre que le concept de choc des civilisations est bien d’actualité.
Nous sommes en présence d’une confrontation entre deux modèles de société, deux visions du monde. Cet Islam politique, qui, soit dit en passant, a été encouragé par les puissances occidentales, doit être combattu au sein même de l’Islam, de France en particulier, au profit d’un Islam sécularisé.
On peut néanmoins se demander si notre modèle politique est exportable vers des pays qui n’ont pas forcément envie d’en faire l’expérience.
L’Irak et la Libye sont deux exemples pour lesquels le renversement des dictateurs au pouvoir s’est traduit par l’installation d’un véritable chaos et la quasi disparition de l’Etat.

Sur notre territoire, n’y a-t-il pas porosité entre délinquance et terrorisme, la première faisant le lit du second ?
C’est la question que l’on peut se poser lorsqu’on voit l’itinéraire de certains de ces terroristes, jeunes, désœuvrés, dont le parcours se fait de la petite ou moyenne délinquance, souvent liée au trafic de drogue, à la récupération par les mouvement intégristes islamiques.
Nous ne pouvons que déplorer que nos prisons puissent constituer un véritable terreau de la pensée islamiste, un lieu de formation de terroristes en herbe. C’est pourquoi une politique pénitentiaire appropriée est nécessaire.

Quelles relations existe-t-il entre terrorisme et Islam ?
C’est peut-être la question la plus délicate, mais force est de constater que, depuis le 11 septembre 2001 revendiqué par Al-Qaïda, jusqu’aux attentats du 13 novembre 2015 revendiqués par Daech, c’est au nom de l’Islam que ces exactions ont été commises.
Même s’il faut éviter les amalgames et rappeler qu’il s’agit de déviances, il revient à l’Islam lui-même, religion non hiérarchisée, de dénoncer ces dérives, et ceux qui les commettent.

Dans le monde instable qui est le nôtre, les démocraties occidentales doivent-elles continuer à composer avec les régimes autoritaires, voire à les cautionner pour garantir leur sécurité et leurs intérêts économiques ?
Certes comme le dit une journaliste dans ‘the Nation’, il est facile de dire que « les USA devraient être aussi inflexibles avec les dictateurs qu’avec les terroristes », mais il faut bien reconnaître, qu’au-delà de l’exception tunisienne, les pays arabes sont loin d’afficher leur volonté d’une inflexion démocratique.
Cela a commencé il y a bien longtemps avec l’Iran, pour se continuer avec l’Irak, la Libye, l’Egypte du Général Sissi et nous devons rester particulièrement vigilants face à la Turquie qui frappe à la porte de l’Europe alors que son président Tayyp Erdogan poursuit ses attaques contre les libertés.

Peut-on concevoir une politique de l’immigration qui ne serait fondée que sur l’urgence, l’émotion et la défense des droits de l’homme ? Peut-on ignorer le risque bien réel que des terroristes ‘en sommeil’ se joignent au flux de population qui arrivent sur le territoire européen ?

Au total, nous voyons bien que les choses sont loin d’être simples et qu’il sera difficile de maintenir la paix sur notre territoire, sans aller parfois contre nos propres valeurs de liberté et de respect, sauf au risque de se faire submerger par cette vague d’obscurantisme hélas portée par une déviance religieuse.

1 commentaire

  1. TRES BONNE ANALYSE MICHEL…………………

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