En cette fin octobre, le Sénat a examiné un projet de loi concernant les langues régionales et minoritaires. Plus précisément, le texte portait modification de la Constitution afin d’y intégrer la Charte européenne des langues régionales.

Cette charte a été signée par la France dès 1999, mais n’a toutefois jamais été ratifiée.

Lors du processus, plusieurs failles sont apparues, le Conseil constitutionnel ayant notamment déclaré que notre Constitution ne permettait pas de garantir des droits collectifs à des groupes d’individus.
Pouvons-nous dès lors accepter que, sous couvert du respect de la diversité, une loi vienne remettre en cause l’égalité devant la loi ?

Le but de la Charte est légitime et je le soutiens, puisqu’il s’agit de chercher à protéger et promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant qu’aspect menacé du patrimoine culturel européen. Pour autant, je ne peux me résoudre à aller jusqu’à modifier — voire dénaturer — notre Constitution.

Si, en tant que provençal, je comprends intimement et partage l’attachement aux traditions et à la pratique des langues régionales, je suis également un farouche défenseur de notre langue comme symbole de notre unité, à l’instar de ce qui est écrit dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 et dans l’article 2 de la Constitution : « La langue de la République est le français ».

Il est noble et même nécessaire de prendre des mesures à la fois nationales et locales pour garantir le respect des langues minoritaires, mais le moyen ici employé semble à la fois disproportionné et inadapté.
Est-il nécessaire de créer des droits opposables en matière de langues minoritaires ?
Comment intégrer de telles langues dans la vie publique sans y voir une atteinte au caractère indivisible de notre République ?

En conséquence, j’ai voté contre ce projet, mais je souhaite réaffirmer qu’il ne s’agit nullement d’une opposition aux langues régionales.